
Sur un chantier, faire intervenir simultanément plusieurs corps d’état dans un même espace est un véritable défi pour la sécurité. C’est là tout le rôle du coordonnateur SPS : anticiper et organiser le chantier avec l’ensemble des acteurs pour répondre à ces enjeux. Véritable partenaire de terrain, il est engagé dans la gestion de la co-activité, par un dialogue constant avec les équipes présentes sur site. Alors, quelles sont exactement ses missions et pourquoi sa présence est-elle essentielle à la réussite d’un projet ?
Quand le CSPS intervient-il ?
Dès qu’il y a co-activité
La désignation d’un coordonnateur SPS est obligatoire dès que plusieurs entreprises interviennent sur un chantier de bâtiment ou de génie civil. En effet, les interventions simultanées ou successives des différents corps d’état favorisent les risques d’accident du travail pour les professionnels qui travaillent sur le chantier, aussi bien pour des entreprises que pour des sous-traitants.
3 niveaux de mission
Les seuils suivants définissent le niveau de mission.
| Niveau 1 | Niveau 2 | Niveau 3 |
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Le cadre réglementaire
La mission de coordonnateur SPS est encadrée par les articles R.4532-11 et suivants du Code du travail. Cette fonction a été officiellement intégrée au droit français par la loi du 31 décembre 1993, transposant ainsi la directive européenne de 1992 sur la sécurité des chantiers temporaires ou mobiles.
Comment se déroule la mission ?
Désigné par le maitre d’ouvrage et sous sa responsabilité, le CSPS intervient à chaque étape du projet.
Phase conception
Dès la conception, le CSPS collabore avec le maitre d’ouvrage et le maitre d’œuvre pour évaluer les risques et être force de proposition. L’objectif est de définir en amont les mesures de prévention pour les différentes interventions. Cela consiste à planifier les opérations à venir, ou encore à définir la mise en commun des moyens (infrastructures, moyens logistiques, protections collectives…).
C’est aussi dès la phase conception que le CSPS élabore les documents dont il a la charge :
- PGCSPS (Plan Général de Coordination de Sécurité et de Protection de la Santé)
- DIUO (Dossier d’Intervention Ultérieure sur l’Ouvrage)
- RJC (Registre-Journal de la Coordination)
Phase réalisation
Que le projet concerne de la construction, de la réhabilitation ou de la démolition, le coordonnateur SPS reste l’interlocuteur privilégié de l’ensemble des entreprises durant toute la phase réalisation. Il assure le suivi de la co-activité lors de ses Inspections Communes, des réunions, et de ses visites sur site.
Son premier rôle est d’identifier, avec le maitre d’œuvre, les différentes zones du chantier : voies de circulation, sanitaires, zones à risques spécifiques, emplacement des engins de levage…. En diffusant le PGCSPS, il transmet les consignes de sécurité qui visent à harmoniser les PPSPS (Plans Particuliers de Sécurité et de Protection de la Santé) des différentes entreprises.
Ensuite, il mène une veille régulière sur le déroulement des travaux, en consignant ses observations dans le registre journalier de la coordination. Si ses rappels des règles de sécurité se font surtout oralement, il a aussi la possibilité d’arrêter une tâche si les conditions de travail présentent un risque important d’accident.
Phase post-réception
Parce que le CSPS travaille avec une longueur d’avance, sa mission continue même après l’achèvement des travaux pour anticiper les interventions futures sur l’ouvrage. Ainsi, à la fin du chantier, il finalise l’ensemble des documents et les transmet au maitre d’ouvrage qui les conservera 5 ans. Il peut aussi contribuer à l’élaboration du dossier de maintenance.
Le CSPS : limites et apports sur le chantier
Ce que le CSPS ne peut pas faire
Le coordonnateur SPS n’a aucun pouvoir de commandement direct sur le personnel des entreprises ou de tout prestataire intervenant sur le chantier. Il ne peut pas non plus interrompre les travaux sur l’ensemble du site.
Toutefois, le coordonnateur SPS ne peut pas non plus ignorer les risques qu’il pourrait constater ou les procédures en vigueur : sa responsabilité civile ou pénale peut être engagée, notamment en cas de non-respect des obligations qui lui incombent.
Ce qu’il apporte concrètement
Au contact de tous les intervenants sur le chantier (maitre d’ouvrage, maitre d’œuvre, chefs d’entreprises, ouvriers), le coordonnateur a un rôle de facilitateur. Par son goût du contact et de la pédagogie, il sert l’objectif commun : que le chantier se déroule de façon fluide, en toute sécurité et dans les délais convenus.
Grâce à ses bonnes connaissances juridiques dans le BTP, il peut aussi renseigner, voire conseiller les chefs d’entreprise, par exemple ceux qui ont peu d’expérience de la co-activité et de ses contraintes.
Ainsi, le coordonnateur SPS est avant tout un professionnel de la prévention, engagé aux côtés des équipes dès la première ligne du projet. Faire appel à un CSPS compétent comme VIGEIS, c’est se donner les moyens d’un chantier mieux organisé, plus sûr, et dans lequel chaque intervenant peut travailler sereinement. Une collaboration qui, au fond, profite à tous !
En conclusion
L’humain au cœur de l’acte de construire
La réussite d’un chantier ne se mesure pas seulement à la qualité de l’ouvrage livré, mais aussi aux conditions dans lesquelles il a été réalisé. En privilégiant l’échange, l’écoute et la recherche de solutions partagées sur le terrain, le coordonnateur SPS remet l’humain au centre de l’opération, transformant l’exigence sécuritaire en une véritable force d’organisation.
Loin des clichés, le CSPS est le partenaire qui veille au quotidien sur le capital le plus précieux d’un chantier : les femmes et les hommes qui le réalisent.
F.A.Q.
Oui. La désignation d’un coordonnateur SPS est obligatoire dès lors que plusieurs entreprises interviennent simultanément ou successivement sur un chantier de bâtiment ou de génie civil.
Le coordonnateur SPS est désigné par le maitre d’ouvrage avant le démarrage des travaux. Celui-ci reste responsable de l’organisation générale de la sécurité et de la protection de la santé sur le chantier.
La mission principale de la coordination SPS consiste à prévenir les risques liés à la co-activité sur un chantier. Pour cela, il organise la coordination entre les différentes interventions, anticipe les situations à risque et veille à la mise en œuvre des mesures de prévention, de la conception à la réception des travaux.
Non, le coordonnateur SPS ne peut pas arrêter l’ensemble d’un chantier. En revanche, s’il constate une situation présentant un danger grave ou imminent, il peut demander l’arrêt d’une tâche ou d’une intervention spécifique afin de protéger les travailleurs.




